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Interview : Seadem

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   L’art cristallise d’une façon fragmentée la réalité d’une mosaïque culturelle, mais Ombeline Duprat avec son projet, musical et littéraire à la fois "SEADEM", tend à unir deux mondes antithétiques, celui des rêves et des cauchemars, de frisson et de plaisir, d’émoi et de sérénité en présentant une musique sombre et ingénument ombreuse, dont les mélodies orientales et les touches folkloriques bercent le fond de nos âmes.
Cette jeune demoiselle au charme certain révèle dans cette interview déjà pas mal de chose. A lire attentivement…

RargouTia : Seadem ; d’un ton poétisé, c’est une voile musicale glauque, orné de sentiments et de sensations, dont l’unique fontaine est votre inspiration. D’autre part, simplement plus naïve et claire, un projet musical. Mais chaque artiste a sa propre introduction, à vous l’honneur alors ?

 
  Ombeline : Bonjour Rargoutia ! Seadem c’est un voyage : dans l’au-delà, dans l’imaginaire, dans d’autres pays, dans mes fantasmes fantasmagoriques, catharsis, la tête qui explose et prend les couleurs de l’univers, un projet littéraire, le blanc et le noir. C’est un tout et un néant.


RargouTia : A travers Seadem, vous cherchez à construire votre propre monde, dont les constituants seront choisis de votre part et selon votre goût !  Que réunit exactement le monde de Seadem?

 
  Ombeline : C’est très vaste ! En fait, tout m’inspire ! Lorsque je me promène dans Bordeaux, j’observe les gens et je recrée la vie des gens que je croise au gré de mes promenades solitaires, surtout lorsque je croise SDF, joueur de musique gitane, handicapés. J’avoue être fasciné par les vies brisées, défaites, les optimistes dans leur lutte de tous les jours. Tout ça bouillonne puis je déverse tout ça en musique. Mais Seadem, c’est avant tout un voyage. Tant spirituel que physique. Un voyage dans d’autres pays par l’utilisation de différentes langues et dans notre moi profond, à la recherche des différentes façons du "moi".
 
 
RargouTia : En tant que projet musical littéraire, vous exprimez vos propres sentiments, vous réchauffez votre musique avec un maximum d’affliction mêlé d’une certaine jubilation. Peut-on décrire Seadem comme l’ailleurs voire le refuge d’Ombeline ? Expliquez alors ?

   Ombeline : Je vois pourquoi vous dites ça et je le respecte tout à fait. On pourrait croire qu’il s’agit d’un refuge mais en fait non, c’est plutôt la catharsis. Tout ce que je ne sais pas exprimer, je le mets en musique, le bon et le mauvais. Dans la vie, j’adore rire, faire la bringue et pourtant ce n’est pas ce qui peut transparaître quand on écoute Seadem ! ^_^
 
 
RargouTia : Et le choix de "Seadem" comme nom, comment se manifeste t-il ? Et que voulez vous dire avec une telle désignation ?

   Ombeline : A la base, le projet devait s’intituler Semper Eadem, comme ce qu’il y a gravé derrière l’une de mes bagues offerte par mes amis de fac. « Toujours égale à elle-même » mais aussi titre d’un poème de Baudelaire que j’adore. Le nom étant déjà prit mais aussi trop long à mon goût, j’ai décidé de le tronquer et au final, le nom se glisse mieux dans la bouche !

 
RargouTia : Bon ! Parlez nous maintenant de Seadem comme étant un projet musical assez authentique. Comment avez-vous eu l’idée ?

   Ombeline : Et bien à la base il s’agissait d’un projet littéraire que je voulais mettre en musique. Les mots et les ambiances se trouvent plus fortes voire métamorphosées lorsqu’on lit un texte en écoutant une musique en fond. C’était cette idée là que je voulais reprendre et illustrer certaines de mes nouvelles en musique !
 

RargouTia : On constate alors que les projets musicaux de Dark Ambiant commencent à prendre part de la scène mondiale, surtout dans votre pays, la France. Pourquoi avez-vous choisi spécifiquement ce genre musical ? Est ce de l’attraction pour ce genre ou d’autres raisons éclairciront bel et bien la situation ?

 
  Ombeline : Pour être franche, mis à part Der Blaue Reiter, Dead Can Dance, Arcana ou Elend cette scène là m’était totalement inconnue. Donc, je n’ai pas cherchée à coller à telle ou telle scène, j’ai juste fait ce que je voulais sans barrières, sans limites ! Mais c’est vrai que pour le coup, je m’intéresse à cette scène depuis quelques mois et découvre de nouveaux groupes excellents de jours en jours !
 
 
RargouTia : D’accord ! Alors, OXYMORE est le titre de votre album, n’est ce pas ? Ça représente succinctement votre univers. Parlez nous un peu de cet album ?

   Ombeline : Il s’agit bien d’une Oxymore, fait à la fois d’ombre et de lumière. Comme je l’ai déjà dit, il s’agit d’un voyage ou plutôt de plusieurs types de voyages ! Mais comme tout ne peut pas être fondamentalement joyeux ou à contrario triste, l’idée de l’oxymore m’a semblée la plus proche de ma musique. Certains ont pu observer dans La Bouche des ténèbres par exemple que malgré l’obscure mélodie, il y a une pointe de lumière. Mystique ? Sans doute ! J’essaye de mêler les sentiments, créer la confusion dans ce que l’on peut ressentir à l’écoute d’une musique, presque un malaise car on ne sait pas des fois sur quel pied danser. Faut-il rire ou imaginer quelque chose de plus lugubre ?
 
 
Rargoutia : Dans cet album, vous essayer d’intégrer une multitude d’instruments, tel le feadog, le dizi, la flûte en bois, la clarinette et même des jouets pour enfants. Pourquoi ?  Comment se déroule alors l’enregistrement de la partie instrumentale ?

   Ombeline : Tout d’abord parce que j’adore utiliser ces instruments là, surtout dans des morceaux dans lesquels on ne les y attendrait pas ! :) Les jouets pour enfants suscitent chez moi une espèce de malaise et je vais bientôt réaliser une série de photos à base de poupées sans bras, œil arraché et développer quelques textes autour de ça et y associer certaines musiques comme Toy Chest. Pour l’enregistrement des flûtes, clarinette et compagnie, pas de partition, juste du feeling, ces instruments sont comme la voix, je veux leur laisser toute liberté.


RargouTia : Pareil pour la partie vocale ? Toutefois, si on vous pose la question et on vous demande de décrire votre voix, une situation de candidature peut-être, comment la décrivez-vous ?

   Ombeline : Aïe, Aïe, Aïe. Sachant qu’il faut se vendre mais que ça va au delà de mes principes de modestie, ça va être dur ! Disons que je peux faire différents types de voix : tantôt lyrique (je suis mezzo falcone [à voix rauque], claire, enfantine, plus rock voire jusqu’à aller chanter du Whitney Huston. Je limite toutefois les grunts pour éviter d’avoir une voix de camionneur plus tard ! Et s’il faut, je peux imiter la mouette, la truie qui mange ( !), le caniche, le coq et la poule. Idéal pour animer des soirées !


RargouTia : Concernant vos inspirations et vos influences, pouvez-vous nous faire découvrir les fondements de votre univers ?

 
  Ombeline : Beaucoup de rêverie, un soupçon de crise mystique ci et là, des heures passées dans les églises et cathédrales en rêvant d’y chanter dedans et faire pleurer un troupeau d’apôtres, du glauque, des corps de petites filles portés par les morts de l’univers de Tim Burton vers une forêt lointaine, le XIX° siècle, les rêves, les cauchemars, Barber, Bach, Caravage, Michelange et un soupçon d’absinthe.
 
 
RargouTia : Peut-on dire généralement, qu’en écoutant l’album OXYMORE, on reconnaît facilement vos trempes et vos penchants ? Et que pouvez vous dire à propos des thèmes abordés dans cet album et cet emploi de diverses langues ?

 
  Ombeline : Concernant la pluralité des langues, c’est toujours pour mieux illustrer le thème du voyage. Par logique, j’en mêle plusieurs, surtout dans "Europa" qui regroupe, Italien, Espagnol, Néerlandais et Français. Je ne voulais pas faire un album tout en anglais. D’une part, trop commun. D’autre part, même si je ne rejette pas l’anglais loin de là, j’aime toutes les sonorités de ces langues et il faut bien que celles-ci s’adaptent au ton de la chanson. Sinon, oui, pour Oxymore, il s’agit de mes trempes, de mes penchants, de mes vices et de mes crises ! Mais il est clair que dans n’importe quel domaine artistique, l’artiste se superpose toujours à son œuvre ! Un exemple physique. Edward Munch peignait sur chacune de ses toiles une espèce de voile noir très léger. C’était du à la maladie qu’il avait à l’œil où la pupille se déplace toute seule…d’où la tache opaque sur chacun de ses tableaux !


RargouTia : Est ce que vous vous vouez totalement à Seadem ou vous partagez vos talents musicaux avec d’autres projets comme  ARSANIIT par exemple ? Parlez nous de ce groupe.

 
  Ombeline : Il en faut un peu pour tout le monde. Arsaniit, c’est une question d’amitié puisque je suis très attachée à chacun des membres qui le composent ! Nous faisons donc un métal mélodique à touche folk ave chant lyrique, clair et grunts. Il y a tellement d’influences que nous étiqueter serait impossible ! Nous enregistrerons notre premier EP en novembre prochain si tout se passe bien !
 
 
RargouTia : Vous parsemez votre univers musical partout ! Que pouvez-vous affirmer concernant votre cursus musical ?

   Ombeline : 7 ans de saxophone, autant de solfège. J’ai évolué quelques mois dans une chorale, puis au sein d’un groupe de chanteurs lyriques à la fac à Bordeaux. J’ai ensuite intégré Arsaniit puis d’autres groupes comme Sweet Dead Corpse ou Elegya.


RargouTia : C’est bien ! Y a-t-il quelque chose de prévue pour Seadem ; concerts, nouveaux projets, etc ?

   Ombeline : Oui !!! Des concerts devraient être prévus très bientôt, où je serais seule sur scène premièrement puisque je recruterais les musiciens de Seadem dès septembre sur Bordeaux (avis aux intéressés !). Entre deux morceaux, je lirais poèmes et textes poétiques de mon cru ou d’auteurs tels que Aragon ou Breton afin d’illustrer mes musiques. Ça sera très intime et les spectateurs seront invités à participer. Seadem cherche encore son label mais c’est vrai que je cherche surtout à faire de la scène et être près du public. Je ne veux pas me la jouer mystérieuse, asociale et m’adresser aux gens que lorsqu’il y a un album à vendre !


RargouTia : Merci Ombeline de nous avoir accordé cet interview, ça sera un grand plaisir si vous engravez quelques mots pour nos visiteurs ?

 
  Ombeline : Merci à vous pour cet super interview tout d’abord ! Merci à ceux qui ont lu cette interview, ceux qui ont déjà écouté Seadem et ceux qui iront écouter ! Merci !!! Message tout particulier : Take Care et profitez des petits bonheurs de la vie. Le bonheur n’est pas une destination mais une trajectoire ! Et au plaisir de vous voir sur la belle terre de Tunisie !!!




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