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Interview : Arkan

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   Qui dit 'Metal Oriental' dit Orphaned Land. D'autres groupes comme Salem, Nile ou Melechesh sont aussi connus pour ce genre, surtout pour leurs carrières plus ou moins longues. Mais ces dernières années, de plus en plus de groupes de Metal se penchent dessus... et parmi ces groupes, on ne peut ignorer Arkan, formé en majorité par des membres d'origines maghrébines résidant en France.
Avec seulement un EP et un album, ce groupe relativement jeune est déjà signé chez un label de renommée mondiale : Season of Mist... voilà une interview pour mieux les connaitre.

Belial: Tout d'abord la question 'habituelle': une petite présentation du groupe, les origines de chaque membre etc... Ensuite, quelle est la relation entre 'Arkan' et 'Hilal'? Que signifie 'Arkan'?

   Foued : Arkan est né de la rencontre entre Abder et moi-même. J'étais alors batteur au sein de The Old Dead Tree, nous avions l’envie de mélanger une musique que nous affectionnons: le Metal, avec nos origines maghrébines. Mus et Samir, d’anciens membres d’un groupe algérien de Death Metal nommé WORTH, et Florent, ancien membre de WHISPER-X se sont joints à nous avec la même envie d'expérimenter quelque chose de nouveau. Nous avons d'abord sorti notre MCD Burning Flesh.
Pendant plusieurs mois, nous sommes montés sur scène pour le promouvoir. En même temps, nous préparions notre premier album "Hilal", qui se trouve être une amplification des éléments de Burning Flesh. Et si au début ce n’était qu’un side projet où nous pouvions exprimer ce côté de nos personnalités musicales, nos évolutions personnelles, les attentes du public et l’énorme appétit du groupe font que nous sommes membres à plein temps et à part entière de Arkan.


Footix: Par rapport au premier EP, l'album est un peu plus 'brutal' et 'progressif', c'est à dire qu'on sent la notion de progression, que ce soit au niveau de la composition, mais aussi au niveau des arrangements des titres. Doit-on nous attendre à une évolution du même genre en ce qui concerne la prochaine sortie d'Arkan?

   Foued : Dans Hilal l'approche pour nous était complètement différente, nous avons décidé de pousser les ingrédients de BF à leur maximum, et même de repousser les limites que l'on s'était fixées au début. Le coté oriental a donc pris beaucoup plus de place dans le processus de composition et la multitude d'ingrédients qu'on a utilisé ont multiplié les possibilités, ce qui a développé le coté progressif de notre musique. Par ailleurs, Fredrik Nordström et Jacob Hansen ont transfiguré la puissance de Hilal grâce à l’énergie et à la précision légendaires de leurs productions. On cherche donc constamment à repousser nos limites, et ayant déjà amorcé la composition du prochain album, je peux vous dire qu’il risque d’en surprendre plus d’un.


Footix: Certains groupes, en sortant un EP ou une démo, reprennent certains de ses titres dans l'album qui suit. Arkan ont créée un joli titre nomme 'Roots of Despair' que certains espéraient (re)voir dans l'album, ce qui n'était pas le cas. Pourquoi ne pas avoir intégré certains de vos vieux titres dans l'album? Est-ce parce qu'ils ne collent pas avec le thème de ce dernier?

   Abder : Burning Flesh reflète notre état d’esprit à l’époque, des titres directs et puissants, c’est une pièce à part entière, un concept album qui expose les doutes d’un terroriste kamikaze au cours de sa vie, à nos yeux Roots Of Despair en est une partie indissociable. La question d’intégrer un titre de BF à Hilal ne s’est donc même pas posée, ce dernier étant aussi un concept album dans lequel chaque titre est dépendant du précédent notamment pour la compréhension des textes.


Footix: Est-ce que vous cherchez un but précis lorsque vous mettez des backtracks du vieil homme qui parle un peu tout au long de l'album?

   Abder : Tout à fait, nous voulions d’abord raconter une histoire. Et notre musique sert cette histoire. Puis, nous voulions qu’une fois entrés dans les premières minutes du conte, qu’on en sorte qu’après avoir tout entendu, comme un livre qu’on se refuse de fermer tant qu’on n’a pas fini un chapitre. Notre souhait était que l’auditeur se sente le spectateur privilégié des faits relatés dans Hilal, qu’il se sente même acteur de ce conte à l’image du vieux conteur dans un souk arabe au début de l’album qui harangue la foule et vous aborde en disant : « Approchez, approchez et écoutez l’histoire de nos ancêtres… »


Footix: J'ai remarqué que le titre 'El Houdou' joue le rôle d'un bridge entre les titres 'Defying the Idols' et 'Native Order', surtout au niveau du schéma des trois titres qui commencent de façon calme pour se terminer de la même façon.
Est-ce que cet enchaînement a un rapport avec le thème de l'album? Ou est-ce que c'est venu par hasard, durant la composition?

   Foued : Dans Hilal, le processus de composition est étroitement lié aux paroles, c’est une attitude que nous avons jugé nécessaire pour retranscrire le plus justement possible les émotions que nous voulions faire passer, il nous est même arrivé de supprimer des parties qui ne correspondaient pas à l’atmosphère que nous voulions établir, et dans le cas du titre Hilal : The Cressent Moon, ce fut le cas dans la mesure où au début, les trois titres n’en formaient qu’un, avant d’être séparés pour coller au concept qu’on s’était fixé.
Ce block éponyme de l’album est une sorte de dénouement de l’histoire. Dans le concept de nous avons développé, Defying The Idols traite de l’insurrection de l’homme contre ses dieux, s’en suit El Houdou littéralement : le calme avant la tempête, arrive alors Native Order : le retour à l’ordre primaire des choses, la punition des dieux.


El Evil Emperor : Que signifient les écritures en Arabe sur votre Logo exactement?

   Foued : Nous avons tenté de faire ressembler des caractères arabes à de l’écriture alphabétique européenne, ainsi la calligraphie à l’arrière de notre logo forme les lettres d’ARKAN. La calligraphie est un art majeur dans la culture arabe, son développement fut considérable d’autant plus que l’iconographie n’était pas permise dans la culture musulmane. Par cette démarche nous tentons non seulement de mélanger les cultures musicalement mais aussi de le faire graphiquement.
 

El Evil Emperor : Dans 'Lords Decline', la partie du chant féminin nous fait penser à l'image de la chanteuse Arabe séduisante qu'on rencontre au conte des '1001 Nuits' , bien connu dans le monde occidental. Est-ce que cette 'référence' était vôtre but dès le début?

   Abder : Nous voulions intégrer le maximum d’éléments pour atteindre notre but qui était de faire de « Hilal » un album de Metal oriental, avec tout ce que cela implique en instruments traditionnels et gammes utilisées, mais aussi un album varié et coloré. Cela s’est avéré possible grâce à la multitude de composants qui étaient à notre disposition qui nous ont permis d’apporter à la musique d’Arkan ses différents aspects, entre autres le chant arabe féminin, exécuté par Sarah la chanteuse du groupe parisien The Outburst. Elle a tout de suite accepté de travailler avec nous, étant d’origine algérienne, l’idée d’utiliser ses origines maghrébines dans son chant l’a tout de suite intéressée et le résultat fut à la hauteur de nos attentes.


El Evil Emperor : Pensez-vous qu'un concert soit au même niveau que l'enregistrement, surtout au niveau des instruments orientaux? Comment se passent vos concerts en général?

   Foued : La musique d’Arkan est une musique vivante qui trouve son énergie et sa force dans les représentations live, l'album étant juste un moyen de promouvoir le groupe. Bien sûr, les titres sont empreints d’une grande variété de sons et d'instruments qu'il est difficile de reproduire intégralement sur scène autrement que par l’utilisation de samplers sonores. Néanmoins, nous nous efforçons de jouer le plus d’instruments possible afin de rester fidèles à l'esprit du groupe, et ainsi se reprocher au maximum de la richesse musicale de Hilal.


Belial: 'Lamma Bada', pourquoi avoir repris ce titre en particulier deux fois (en quelque sorte) dans l'album? Est-ce qu'il a une certaine valeur 'sentimentale'?

   Abder : C’est une autre façon pour nous d’exprimer notre héritage culturel, le titre Lamma Bada Yatathenna fait partie du patrimoine arabe et il a été repris par de nombreux artistes tels que Fairouz.
Nous l’avons repris de deux manières : en version originale où l’Oud de Mus se marie avec la voix d’Adel, un chanteur d’origine tunisienne qui fait partie d’une troupe de musique traditionnelle à Paris, et d’autre part, à notre sauce, où l’on s’est approprié le titre en quelque sorte…


El Evil Emperor : Season of Mist est un Label avec lequel ont signé des grands noms tels que Rotting Christ, Mayhem, Anaal Nathrakh... Comment avez-vous eu le contrat?

   Foued : A dire vrai, tout n’est que concours de circonstances. Je vais même te dire, lorsque nous étions en Suède, nous n’avions pas encore de label. Nous pensions même sortir l’album en autoproduction en cas de problème de label.
Ce n’est que lors du mix que tout s’est joué. Nous avons envoyé à SOM deux des titres déjà mixés de l’album. Dès la première écoute, le label nous a fait une proposition. C’est donc d’abord un coup de cœur.


Belial: Quel est le thème principal de l'album? On sent des touches païennes ici et là, que ça parle de 'nos ancêtres' et de leurs traditions... Pourquoi avoir parlé de 'révolution' (athaoura) et précisément à 'Soumar'?

   Foued : L'album traite des croyances du peuple de la mère des civilisations: les Sumériens. Là en l'occurrence l’album traite du cycle de la création chez ce peuple. Il y a un parallèle que l’on peut faire avec le monde d’aujourd’hui, l'histoire se répète tel un cycle, et on peut voir que les comportements de l’homme n’ont guère changé, on peut le constater notamment dans son comportement vis-à-vis de la nature par exemple.


El Evil Emperor : Athaoura, El Houdou, et Amaloun Jadid, que signifient ces titres/étapes?

   Foued : Ce sont effectivement des étapes du concept, Athaoura représente la rébellion de l’être humain contre ses dieux, un titre acoustique où on peut entendre un chant arabe sur fond d’ambiance de souk, toujours dans l’optique de faire participer l’auditeur à l’histoire, El Houdou : le calme avant la tempête, un titre instrumental épique qui est le pont entre les deux blocs Defying The Idols et Native Order. Quant à Amaloun Jadid la note de fin, littéralement « Un Nouvel Espoir » l’espoir que les choses ne se répètent pas…


Belial: Qu'en est-il des influences musicales du groupe? Dans un titre comme 'Tied Fates' par exemple, quand j'écoute le chant en voix claire (au début et à la fin), je pense tout de suite à Kobi Farhi d'Orphaned Land.

   Foued : Nous admirons le travail de ces groupes qui parviennent à mélanger le métal et la musique orientale avec une telle harmonie. Chaque groupe possède son propre style et parvient à inclure l'une des multiples facettes de la musique arabe dans sa musique. En ce qui concerne Arkan, son ’identité réside dans sa particularité, et je ne pense pas que la musique d'Arkan puisse être assimilée à d'autres groupes. Notre mélange n'a jamais été entendu avant Hilal!


Xul : Arkan forgé dans l’underground français ; là vous êtes sur une voie destinée vers la grande scène, un album enregistré dans le fameux Studio Studio Fredman, produit par Fredrik Nordström et Masterisé au Hansen Studio par Jacob Hansen, c’est un privilège pour un jeune groupe d’enregistrer dans le même studio que Dimmu Borgir, In Flames At The Gates, Arch enemy et j’en passe…
Parlez nous de cette expérience, qu’en avez-vous tiré comme points importants pour améliorer votre méthode de travail. Une expérience pareille ne fut que positive pour le groupe.

   Abder : Travailler avec le Studio Fredman était notre propre volonté. Le son de l’album est aussi important que ce qui le compose. Pour les parties Metal, nous voulions la perfection en terme de son. Et pour nous, il n’y avait qu’une personne susceptible de nous apporter le son désiré, il se trouve en Suède et il s’appelle Fredrik !  La préparation pour le Studio Fredman était nécessaire afin de garantir la réussite de notre projet, c’est donc prêts que nous sommes arrivés chez Fredrik, et l’enregistrement a suivi le programme que l’on s’était fixé au départ.
Nous avions une appréhension quant à sa méthode de travail. Nous étions surpris de la bonne humeur ambiante, en contrepartie lorsqu’il s’agissait de travail c’est en orfèvres que Fredrik et son assistant Henrik Udd officiaient. Par ailleurs l’autonomie que nous avions était confortable ce qui nous a permis de remplir notre tâche à l’aise.
Pour ce qui est du mastering, travailler avec Jacob Hansen c’était travailler avec quelqu’un qui est une valeur sure avec une oreille précise et une ouverture d’esprit incroyable. Dès la première écoute de l’album, il a su ce que nous recherchions, il n’a d’ailleurs jamais essayé d’imposer son style, il s’est adapté à la musique à tel point que pour nous le résultat est parfait.


El Evil Emperor : Quel est le futur d'Arkan? Quels sont vos buts et vos craintes?

   Abder : Des craintes ? Nous sommes sereins, nous jouons la musique que nous aimons et nous partageons de bons moments c’est le plus important pour nous. Sinon en ce qui concerne le futur proche d’Arkan nous préparons la scène en vue de promouvoir Hilal. Nous avons également entamé la composition de ce qui sera notre deuxième album en parallèle.
Pour le reste il faudra faire appel à un devin.


El Evil Emperor : Avez-vous entendu parler de la scène Metal en Tunisie?
 
   Abder : Nous suivons la scène Metal maghrébine, je peux te citer Melmoth ou encore Chaos Therapy en Tunisie, Samir et Mus sont issus du groupe Worth qui a fait ses preuves en Algérie. Par ailleurs l’un de nos rêves serait de partager la scène avec des groupes maghrébins, pourquoi pas au cours de festivals tels que le Rock A Rades...


Xul : L’underground reste le monde le plus riche en matière musicale. Allons nous trouver les Arkan dans ce monde, sur le plan musical, malgré qu’il est en phase de transition vers un esprit ouvert sur le commercialisme de la musique ? Vu que les grands Labels exigent une musique accessible à un grand nombre de consommateurs.
Mais avant de répondre à cette question, qu’elle est votre définition pour l’underground.

   Foued : Pour nous, la définition de l’Underground est très abstraite, les courants musicaux les plus influents en sont sortis, d’autres n’en sortent jamais mais arrivent à marquer leur époque, on remarque que l’Underground attire souvent des auditeurs à la recherche de choses nouvelles, osées… Prendre des risques est très important dans le processus de création et je pense que c’est d’autant plus important que de rester fidèles à notre passion de partager notre musique, et qu’elle serve d’élément fédérateur entre des gens d’horizons différents.
Ce qui nous a toujours motivé c’est notre besoin d’exprimer notre musique, et non pas le but commercial,  sinon nous n’aurions pas fait de Metal, surtout ce type de Metal dans un pays où nous n’étions même pas sûrs de la réaction des gens… heureusement, elle fût très encourageante. L’aspect commercial est facultatif dans notre approche de la musique, il ne motive donc pas nos créations ni les directions musicales que l’on entreprend.


Xul : Avez-vous planifié une tournée française ou européenne pour la promotion de Hilal ? Comment se passent les concerts de Arkan, avez vous une préparation bien précise ?


   Foued : Nous sommes actuellement en préparation de dates qui pourraient à plus ou moins longue échéance déboucher sur une tournée. Nous sommes très attachés à la musique Live. Si l’accueil du public reste soutenu, si les demandes se font entendre de plus en plus, nous pourrons plus facilement encore présenter notre musique partout en France.  Et nous comptons bien défendre Hilal hors de nos terres et nous travaillons sur ce chantier, rien n’est encore fait, c’est un travail de longue haleine. La motivation du groupe et du Staff est là, il ne nous reste qu’à concrétiser ! Notre musique qui reste assez atypique a reçu un accueil formidable de l’étranger, que ce soit en ou hors Europe. Nous comptons bien en profiter. De nombreux groupes français ont ouvert la voie, nous espérons bien en profiter pour l’élargir encore plus !


Xul : L’honneur à vous de clôturer cette interview avec les mots de la fin !

   Foued : Merci pour cette interview, vous pourrez en savoir plus sur notre actualité en visitant notre site officiel www.arkan.fr ou notre myspace www.myspace.com/arkanband,

   Abder : Merci pour cette interview, et un grand salut aux lecteurs de Metal Waves.




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