Logo

Chronique : Al-Namrood / Dhul-Qarnayn / Ayyur - Nacrotized (Split)

User Rating: 0 / 5

Star InactiveStar InactiveStar InactiveStar InactiveStar Inactive
 

Band : Al-Namrood / Dhul-Qarnayn / Ayyur

Release : Nacrotized (Split)

Year : 2008

Country : Saudi Arabia / Bahrain / Tunisia

Genre : Black Metal / Ambient

Label : Salute Records

Note : 14.25/20

Tracklist:
Al-Namrood
01.Barzakh
Dhul-Qarnayn
02.Suqoot Allah
Ayyur
03.The Queen of Awres (Narcotized version)
04.Proud Slave

Ceci est le premier Split à être chroniqué sur Metal Waves, et il ne s'agit pas de n'importe quel split. On a là trois groupes de Black Metal tous issus de pays arabes/islamiques, tous les trois jouant un style de Black Metal différent l'un de l'autre.
Inutile de mentionner le fait qu'il s'agit d'underground pur et dur avec ces trois groupes.

Al-Namrood sont les premiers à faire parler d'eux. Ce groupe saoudien avait déjà un EP à son actif lors de la sortie de ce split. Le titre présenté ici, Barzakh, ne figure nulle part ailleurs dans la discographie du groupe. C'est donc une première raison pour acquérir ce split.

Question musique, Al-Namrood jouent ce qu'on pourrait appeler "Oriental Black Metal". Le style se rapproche plus d'un Narjahanm que d'un Odious, étant plus "minimaliste" et plus cru que ces derniers.
Un peu à la manière de Narjahanam, le synthé est parfois très présent et parfois quasiment absent. La première mélodie jouée par cet instrument est très entraînante, et elle se répète pas mal de fois tout au long du titre. À noter aussi qu'elle sonne très "orientale", tout comme certaines parties de la percussion d'ailleurs. La batterie qui n'est autre qu'une drum-machine en fait, mais heureusement que ça ne nuit pas vraiment à la musique, étant un peu mise en arrière dans le mix.
Quant au chant, il est du style Black Metal un peu criard, bien exécuté et il va très bien avec la musique.

Ce premier titre est un vrai régal pour les amateurs de Metal extrême aux sonorités orientales.



Dhul-Qarnayn est le groupe le plus "actif" des trois présents sur ce split, mais malgré ça ils nous présentent un titre qu'on a déjà écouté dans la démo Shirk, sortie la même année.

Ça commence avec une explosion, des armes à feu en plein délire, et un appel à la prière derrière tout ça. L'impression qui s'installe est, pour ceux qui ne sont pas familiers avec le groupe, qu'il s'agit d'une sorte de Black/Thrash Metal brutal qui tourne autour de la guerre, mais en réalité ce n'est pas totalement correct.
Le titre est divisé en deux parties. La première est du Black Metal assez minimaliste instrumental, très rapide et agressif. Pensez aux vieux groupes norvégiens de Black Metal et vous aurez une idée approximative de ce que jouent Dhul-Qarnayn comme style. L'originalité n'est donc pas vraiment au rendez-vous ici.
La deuxième partie est beaucoup plus intéressante. Le Black Metal s'arrête complètement d'un seul coup. Aux premières écoutes on pourrait être surpris par ceci.
La musique se transforme en Ambient sans aucune trace de Metal. On peut dire que c'est du "Oriental Ambient" puisque ça résume très bien l'esprit et l'atmosphère créée par la musique. C'est un peu dans les mêmes veines que ce que nous a présenté le groupe dans la démo Jilwah, à savoir musique plutôt calme avec une sorte de chant (qui a une sorte d'aura "mystique" ou "religieuse") lointain en arrière. C'est comme si l'homme qui est en train de "chanter" est venu annoncer les répercussions et les désastres causés par la guerre annoncée au début du titre.
Des synthés et des instruments comme la darbouka s'intègrent plus tard à la musique, accentuant encore plus le côté oriental de la chose.

La contradiction entre les deux parties, tant sur la musique que sur sa qualité même, est remarquable. La deuxième est fascinante, et j'aurais préféré voir Dhul-Qarnayn s'aventurer plus dans les contrées de leur Ambient si particulier plutôt que de se limiter à leur Black Metal qui, il faut le reconnaître, n'apporte pas grande chose de nouveau.



Voilà que j'arrive enfin à la partie qui m'intéresse le plus. Étant tunisien, c'est toujours intéressant, mais difficile aussi, de chroniquer un groupe tunisien.

Ayyur nous présentent ici deux titres, contrairement aux deux autres groupes. L'un de ces titres n'est en fait qu'une "meilleure" version d'un autre plus vieux, The Queen of Awres. La qualité de la production saute tout de suite aux oreilles, la version présentée ici est beaucoup, mais alors là beaucoup plus soignée que l'ancienne, et le titre en tout est nettement meilleur. Seule petite différence, la première mélodie à la guitare est plus mise en avant dans la première version, et ça lui donnait un certain charme particulier qu'on ne retrouve malheureusement pas ici. Sinon à part ceci, la transition au beau milieu du titre, bien que très bien exécutée au début (surtout du côté de la batterie), manque de quelque chose par la suite. Ça sonne un peu vide, et une autre guitare par exemple pourrait très facilement régler ce petit problème.

Le titre suivant suit le même esprit d'Ayyur. Il est en quelque sorte divisé sur deux parties. La première, plutôt rapide, est beaucoup plus riche que la suivante. Ça serait bien de voir le groupe délaisser un peu le côté mid-tempo de la musique et s'essayer à une musique plus rapide dans son ensemble, je trouve que ça leur va beaucoup mieux et ce titre en témoigne.

Quelques autres petites remarques, le chant est lui aussi dans le bon chemin. Il y a encore du travail à faire, mais l'évolution se fait remarquer, et la technique utilisée est plus efficace. On n'a plus l'impression qu'il ne s'agit que d'une sorte de chuchotement, mais bel et bien d'un chant. Ça manque encore de puissance mais j'imagine qu'avec plus de travail ça va venir.
L'autre remarque concerne la batterie. Je salue encore une fois l'initiative d'enregistrer avec une vraie batterie car ça fait une énorme différence. Il suffit d'écouter les titres présents sur ce même split pour s'en rendre compte.
Enregistrer avec une vraie batterie et obtenir une qualité respectable (étant donné les moyens de bord dans le pays), c'est tout simplement grandiose. D'autres groupes devraient suivre le même exemple, car c'est seulement de cette façon qu'on peut évoluer.


Pour conclure, je dirais que ceci est un split à ne pas rater pour tout fan de Black Metal underground. Il y a des titres présents ici et qu'on ne retrouve pas ailleurs, ce qui vaut déjà quelque chose pour les collectionneurs. Tout ça sans oublier que la qualité même de la musique vaut le détour.

14.25/20
Par Belial

MySpace Al-Namrood 
MySpace Dhul-Qarnayn
MySpace Ayyur


© Metal Waves VptV 2007-2016